Nous aurions pu vous décrire Bansko comme ville riche d’histoire, vieille cité marchande, ayant préservé de nombreux monuments de la renaissance bulgare. Nous aurions pu vous parler du grand poète Vaptsarov né dans cette ville, et dont la maison natale est un musée aujourd’hui. Mais nous serions passé à côté de l’essentiel…
Dans les rues de Bansko. |
Car Bansko est avant tout un lieu de fête, un lieu ou l’on mange, on boit, on danse, on chante… l’endroit où vous pourrez le mieux ressentir battre le cœur des Bulgares. Les « coupables » de cette réputation sont les habitants autochtones : pas peu fiers de leur ville, il affirment que nul part au monde on ne sait ainsi faire la fête, et ils ne tardent guère à le prouver.
Une nuit à Bansko.
Nous arrivons l’après-midi sous le crachin et la grisaille. Pas le temps de visiter la vieille ville, nous faisons juste un saut à l’hôtel avant le dîner.
L’auberge,
« mékhana » en bulgare, est une grande maison à l’ancienne, avec des poutres fumées, et une cheminée devant laquelle on nous a dressé la table. Après les traditionnelles salades et eau de vie, notre aubergiste nous apporte une épaule d’agneau, qu’il s’applique à désosser avec doigté. Avec le riz parfumé aux petits légumes à l’étouffée, c’est un vrai délice. Pendant que l’orchestre joue tout doucement des chants macédoniens, nous dégustons deux ou trois bouteilles de vin gentiment proposé par le patron.
Sans nous en apercevoir, l’auberge s’est remplie de monde. A la table voisine, une joyeuse compagnie venue de Sofia fête un anniversaire. L’un d’eux interpelle l’orchestre : « A minuit vous nous jouerez l’hymne ? ». Le chef parcourt la salle d’un regard grave, puis répond : « Je ne vois que des majeurs ce soir, autant commencer de suite… » S’en suit une comptine qu’il serait gênant de traduire ici, mais qui est largement reprise par la table voisine. Quelques fêtards accourent de l’autre bout de la salle pour se joindre à la chorale. Voyant cet intérêt pour son art, l’orchestre enchaîne les couplets, entrecoupés de longues improvisations endiablées au tam-tam et au saxo. Quelques jeunes femmes se déchaînent dans les rythmes orientaux, bientôt les hommes les rejoignent…
Je ne me rappelle pas du dessert. Tous les Français ont appris à commander en bulgare « une grande eau de vie », cette phrase ponctue la ronde droite (quatre pas en avant, deux en arrière), la croisée, et les danses du ventre, exécutées sur les tables à partir de 2h du matin. L’une des serveuses, vraie force de la nature, se déhanche telle une furie, « use » les hommes l’un après l’autre, et lance des défis à ceux qui n’ont pas osé l’ « affronter ». Il n’y a plus de groupes, tout le monde est déchaîné autour des tables, sur les tables, sous les tables… Les musiciens sont inépuisables, ils enchaînent les improvisations, et on ne sait plus si le rythme est gitane, folklorique, macédonien ou africain.
Le lendemain notre logeuse m’apprend que notre groupe est rentré se coucher vers cinq heures du matin. Moi j’ai été raisonnable : 3h et demie. Je suis le guide, tout de même…
Pour manger, dormir et faire la fête
L’auberge Molerova Kashta, à deux pas du centre-ville, un sommet dans l’art de recevoir. Si vous êtes un groupe, préférez la nouvelle auberge, l’ancienne est moins animée. Réservation recommandée. 7, rue Todor Alexandrov Tél +359 (0)7443 2146 ou 8494 , molerovakashta@bansko.bg
Le site officiel de Bansko
Hotel "Sevda", propre et bon marché. +359 (0)7443 3647 hotelsevda@abv.bg